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Courir, une conversion

Par Mylène Gauthier, ambassadrice Harricana 2016

6 juin 2016

J’ai commencé la course il y a deux ans. J’ai vécu cela comme une conversion, à l’exception que, pour moi, ce ne fut pas comme pour l’apôtre Paul qui s’est converti sur la route de Damas, ça s’est plutôt passé sur la piste cyclable qui traverse mon quartier.

Rien de bien chrétien! J’ai fait pomper mon cœur atrophié par la sédentarité, j’ai éprouvé mes muscles paresseux et je me suis effondrée de fatigue à trainer plusieurs kilos en trop. J’ai vécu sur les chemins et les sentiers, une transfiguration dont, à l’époque, je n’avais pas encore soupçonné son étendue et ses bienfaits.

Si la course transforme les corps, elle a rapidement émacié le mien, me libérant d’un poids qui me pesait encore plus sur l’esprit. #jesuispapillon

Courir, une science

J’ai découvert un sport accessible pratiqué par des milliers d’adeptes! Tout le monde court, tout le monde parle de ses courses! Et moi, éternelle curieuse, avide de connaissance, j’ai lu tout ce qui pouvait s’écrire sur ce sujet.

À la bibliothèque, la section 796.42 n’a plus de secret. Je lis sur la course, le matin, le soir, la nuit… je rêve même de lire en courant!  Éternelle insatiable et affamée de savoir, je me suis rassasiée en allant, notamment, suivre une formation en entrainement et prévention des blessures. Ces connaissances ont fait de moi une coureuse renseignée, facilitant ma progression et ma préparation.

Si la course fait beaucoup parler, elle fait aussi écrire, et moi, elle me fait lire. #jesuisratdebibliothèque

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Courir, une volonté

Je persévère, été comme hiver, sans remettre au lendemain. Un seul pas de plus, je cumule les kilomètres additionnels sans blessures et sans douleur, sachant que le secret est dans la progressivité. J’ai découvert en moi une force mentale et une volonté que je ne me connaissais pas. Je ne me permets pas de défaites.

Malgré la pluie, le froid, la chaleur, le stress de la vie professionnelle et les obligations de la vie quotidienne, j’enfile mes chaussures, j’enchaine les pas.

Si la course se pratique librement et sans contrainte, elle me permet de réaliser l’inimaginable, de me dépasser, de repousser mes limites. #jesuisfourmis

Courir, une passion

Viennent, avec la course, les sensations grisantes et les moments de plénitude. Je m’évade dans le bois, je communie avec la nature. C’est une danse entre roches et racines, un dialogue avec les courbes des sentiers. Je donne, je reçois, je tombe, je me relève, je me fatigue, je me repose.

C’est un échange passionné avec une nature plus grande que moi. Je rêve d’événements au bout du monde, d’explorer les plus hautes montagnes, les terres les plus éloignées et les forêts les plus profondes. Le désert, les volcans, les glaciers, les steppes, le nord, le sud : la terre est ronde, elle n’a pas de limites et moi non plus.  La course a marqué mon cœur au fer blanc.

Si courir est une passion et si traditionnellement, dans l’art, on représentait les passions par des animaux, alors résolument #jesuisloup.

…et plus bêtement, j’ai 41 ans, je suis maman d’un beau jeune homme, c’est grâce à ma sœur Caroline si je cours, j’adore courir avec ma complice Annou, je cours aussi avec mon petit chien Bartók.

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Photos : Loup-William Théberge / Simon Blouin

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